Changer le monde : on commence par quoi?

Elle nous gratte tous, cette envie. 

Elle nous apparaît lorsqu’on voit cette dame se comporter si mal à la caisse du supermarché, quand on passe devant la famille de réfugiés installée devant la boulangerie, quand on se réveille avec des infos folles dans les oreilles (Trump ceci, le gouvernement italien cela, un attentat à Kaboul, la 12e journée de grève SCNF, l’enfant suspendu au balcon…), quand ton fils de 8 ans rentre de l’école en parlant de suicide du papa de l’un de ses amis, quand tu vois fleurir des #metoo partout, quand tu n’en peux plus de voir passer des articles sur la charge mentale alors que toutes tes amies (et toi aussi) ploient sous les injonctions dingues (grande carrière, beaux enfants, intérieur Elle Déco, joli cul, santé de fer et sexualité débridée)…

L’envie de changer le monde, de donner un grand coup de pied, elle est tapie dans nos coeurs derrière nos bras impuissants mais elle est tellement là.

On se demande par quel bout la prendre. On la repousse, on la ridiculise, on l’ignore, on la chasse. Elle revient pas la fenêtre par la cheminée, elle s’impose, les pieds croisés sur la table du salon en attendant son heure. Elle sait que tu céderas. Ce grand écart entre ton indignation, cette tension interne insupportable, et le monde quotidien qui marche à l’envers… ce n’est plus tenable.

Alors, grâce cette année sabbatique, c’est enfin l’ouverture des vannes. Je m’autorise à imaginer un monde meilleur. Je m’autorise à me dire que j’y peux quelque chose. Je m’autorise à croire qu’on a tous un peu envie de ça au fond. Le film « Demain » racontait cette histoire. Son succès nous en dit quelque chose.

Je ne serai pas grande. Je ne sauverai personne. Je ne serai pas décisive. Je serai juste un colibri qui fait sa part.

 

La part que je me suis assignée ? J’en ai choisi deux (pour le moment) :

  • Diminuer l’agressivité, la manipulation et le stress dans les relations humaines. Ils détruisent les neurones, c’est prouvé scientifiquement : la colère, l’agressivité ou encore l’humiliation vous empoisonnent et vous abîment littéralement le cerveau*. Il est temps de renoncer à vos vieux réflexes. De mon côté j’y travaille depuis plusieurs mois, c’est long, ardu mais absolument GENIAL. Je poursuis donc mon chemin vers la communication non-violente et la parentalité efficace (poke atelier Gordon again).
  • Tenter de faire pousser une nouvelle génération d’enfants, plus curieux, plus autonomes, plus courageux, plus ouverts, plus libres, plus stables émotionnellement, plus cultivés… Je me suis lancée avec une poignée de doux-dingues parfaitement pragmatiques (oui c’est possible) dans la création d’un nouveau Collège en banlieue parisienne. Un collège positif, où le bâton et la carotte n’existent pas, où l’on apprend à faire grandir de vrais humains qui se respectent et sont guidés par la compréhension du monde et non par la crainte de l’adulte. Un collège où l’on parlera plein de langues, où l’on découvrira des matières inédites (intelligence artificielle, jardinage, relaxation et compétences relationnelles…). Un collège où chaque élève s’élèvera effectivement au lieu de se rabougrir. Au lieu de penser qu’il ne peut rien. Qu’il est impuissant, minuscule et qu’il n’est digne d’être aimé que lorsqu’il répond à la baguette aux attentes des adultes.

Bref, l’avenir.

(si vous voulez en être, on recrute ici).

 

** Catherine Gueguen / « Pour une enfance heureuse »
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