Un dimanche aux courses

Parmi les innombrables surprises que la vie m’a faite, la passion pour l’équitation de ma fille aînée figure en bonne place.

Ca n’a l’air de rien, une petite fille qui aime les chevaux. Ça commence insidieusement par quelques stages de poney chez les grands-parents et on se retrouve cinq ans plus tard à passer sa vie au centre équestre.

La grande Fée est ainsi, elle adore les chevaux, elle monte chaque semaine et fait des stages pendant les vacances. Parfois le midi, elle me demande de lui préparer un sandwich et au lieu d’aller à la cantine, nous allons au poney-club découvrir les lieux calmes, désertés, et dans ces coulisses nous vivons des moments que les élèves ne peuvent connaître aux horaires classiques. Le dernier en date? Nous sommes arrivés devant le manège où une douzaine de double-poneys (pour ceux qui l’ignorent, double poney est un peu plus petit et léger qu’un cheval mais bien plus grand que le mini Shetland). Ils étaient totalement libres, galopaient tous ensemble à une vitesse folle, crinières au vent, sans mors ni licol, encore moins de selle. Je n’avais jamais vu des chevaux aussi beaux, fougueux, ivres de liberté. Un moment rare qui s’est déroulé dans un silence religieux simplement troublé par le bruit mat des sabots dans la poussière du manège. C’était beau.

De mon côté je ne suis jamais montée sur un cheval. De la même manière que je ne bois ni ne fume ni ne consomme aucune drogue (call me Bonnet de nuit), je suis rétive à toute forme d’addiction et/ou de lâcher prise. Alors vous imaginez, confier ma vie à un canasson, non merci.

Il n’empêche, la passion de ma grande Fée, patiente, inébranlable, obsessionnelle a gagné du terrain. Je n’ai plus peur de m’approcher des chevaux, je l’aide même dans la mesure du possible. Elle a aussi contaminé sa petite soeur Bertigre qui voue désormais la même admiration aux équidés et a démarré les leçons hebdomadaires avec bonheur cette année (c’est dur mais elle s’accroche, si vous saviez…). Et Pilou qui a connu un triste sort il y a quelques années sur un poney distrait qui l’a envoyé à l’hôpital et lui vaudra une éternelle grosse cicatrice sur le menton refuse de remonter en selle mais joue à la perfection le garçon d’écurie. 

Nous passons donc tous nos mercredi après-midi au centre équestre, à soigner les animaux, les câliner, donner des coups de mains, distribuer des carottes et du pain, faire des balades en forêt ou trembler en voyant notre Bertigre s’essayer à la voltige. Et c’est chouette.

Je n’aurais jamais cru pouvoir dire ça un jour, mais j’apprécie énormément ces séances en plein air, voir mes enfants autonomes, libres, crasseux et ravis, loins des écrans d’Ipad et des scores de Fortnite. Et j’apprécie de voir combien ils nous enrichissent à notre insu, importent dans nos vie des sujets contre-intuitifs.

Je remercie souvent la Grande Fée pour cette ténacité, pour avoir invité sa passion dans notre vie, nous avoir permis de vivre ces moments que je n’avais jamais imaginés.

J’aime tant que nos enfants inventent notre vie de famille tout autant que nous, qu’ils se sentent libres d’être (trés) différent de leur père et moi, de faire des choix et d’avoir des centres d’intérêts auxquels je n’aurais jamais pensé. Ce doit être cela qu’on appelle l’autonomie.

Alors, pour s’amuser encore davantage, nous sommes allés la semaine dernière passer un « Dimanche au galop ».

Les hippodromes de Longchamp et Auteuil rouvrent leurs portes pour la saison estivale et organisent plein d’activités pour les enfants : balades en poney, chasse au trésor, discussions avec des licornes, manèges …C’est trés mignon et pas mal du tout même pour des enfants déjà grands et exercés comme les nôtres (11, 8 et 6 ans). En prime, évidemment on assiste à des courses (les premières de ma vie), la présentation des chevaux et des jockey, la fièvre de la courses…et celle des paris. Arrivés à la 4e course perdante, on a lâché l’affaire et joué benoitement les favoris histoire de reconstituer notre pécule initial. Ce qui fut (presque) fait, ouf.

Je n’irais pas tous les dimanches aux courses mais si vos enfants aiment les chevaux, ils ne pourront que passer un bon moment. Ce n’est pas très cher (9 € pour les adultes et gratuit pour les enfants) et très bien organisé (le parking réservé avec les billets pour Auteuil était à 50 mètres de l’entrée).

C’était drôle, c’était bucolique, c’était en plein air. N’hésitez pas si vous pouvez y aller (prévoyez juste les sandwichs, la restauration sur place est chère, industrielle et sans intérêt).

A part ça rien à voir mais j’essaie de boycotter Lactalis pour les raisons que chacun sait et c’est diablement dur de trouver du lait Bio demi-écrémé dans les supermarchés près de chez moi. C’est pareil chez vous?

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