Hypnose, Méditation & Visualisation : comment ça marche?

Je vous l’avait promis dans ce billet, je reviens vers vous avec un retour d’expérience sur la pratique de l’hypnose et de son cousin germain la méditation.

Je précise que je ne suis spécialiste ni de l’un ni de l’autre, je partage juste avec vous mon cheminement sur ces sujets et ma modeste expérience récente.

Tout a commencé par l’hypnose. Ma motivation était très triviale : une phobie envahissante des insectes que mon époux m’a vivement encouragé à traiter avant notre départ pour la jungle Thaïlandaise.

Pas con, me suis-je dit.

Sachant que j’avais des antécédents de voyages apocalyptiques au Sénégal, dans le désert d’Oman, sur les rives du lac de Côme (oui j’ai du bol, j’ai fait de beaux voyages ensoleillés… qui ont été partiellement ruinés par ma peur des scorpions, araignées, guêpes, cafards,  scarabées et trucs volants non identifiés).

Donc j’ai cherché sur Google les coordonnées d’une hypnothérapeute. Pas malin me direz-vous mais j’assumais moyen de lancer à la cantonade « J’ai la trouille des insectes et je veux me faire hypnotiser » pour qu’on me recommande une adresse. Il me semblait bien que personne autour de moi n’avait suivi d’hypnothérapie, ou alors des gens pas assez proches pour que j’ose leur raconter ma life (…explique la fille qui dévoile sa vie sur un blog, on n’est pas à une contradiction près, hein…).

J’ai donc trouvé une thérapeute pas loin de chez moi, avec un site web et un CV assez rassurants et des promesses raisonnables, spécialisée dans le traitement des phobies.

Je suis allée la voir 6 fois. La consultation coûtait 100 €, non remboursés of course. Je me suis donc coupé un bras pour faire cette thérapie et le trou sur mon compte en banque me le rappelle douloureusement chaque jour. Pourtant je ne le regrette pas. Je pense que ce que j’ai appris aurait pu tenir en 3 séances mais il fallait bien commencer quelque part.

Une séance dure environ 1h30. Lors de ma première visite, la thérapeute m’a posé des questions générales sur ma vie, ma famille, ma perception des choses et le motif de ma venue. On a essayé de cibler les événements pour comprendre de quand datait cette phobie (l’enfance), ce qui la caractérisait (par exemple je n’ai pas peur des mouches, des fourmis, des moustiques ni des autres bestioles jugées repoussantes comme les serpents, les lézards ou les souris) et son intensité.

J’ai alors eu le bonheur d’apprendre que j’étais modérément phobique, la thérapeute m’expliquant que certaines personnes peuvent sauter par la fenêtre en voyant une araignée, ce qui n’est pas mon cas, youpi.

Je précise que l’ambiance du cabinet est assez feutrée, douce, qu’une odeur d’encens plane et que les fauteuils sont confortables mais que je n’avais pas l’impression d’être dans l’antre d’un gourou ni dans l’antichambre d’un Ashram. Ça a l’air bête dit comme ça, mais c’est comme en cuisine : le visuel et la perception en approche comptent beaucoup, avant même de goûter la saveur du plat.

Ensuite, installée confortablement, la thérapeute me demande de fermer les yeux et de me concentrer sur sa voix qui me guide dans différentes actions simple et bienveillantes. Ressentir chaque partie de son corps, d’abord. C’est un classique mais le faire dans un cadre agréable en ayant envie de résoudre un problème fait toute la différence. Outre l’effet relaxant, se laisser guider par les demandes du thérapeute permet de mettre son cerveau au repos, j’ai trouvé cela facile.

Peu à peu on s’enfonce dans un état de calme et d’insensibilité physique assez agréable. on déconnecte. Pour autant j’ai toujours su où j’étais, qui me parlait et pourquoi j’étais là.

Oubliez les spectacles à la télévision, je n’ai jamais perdu la connexion avec moi-même ni mon libre arbitre. C’est un voyage guidé dont on peut sortir sans problème. Cela ressemble un peu à l’état dans lequel on est quand on lit un bon roman : votre esprit est ailleurs, pleinement dans l’histoire, le temps, le corps et l’espace n’existent plus mais si vous en avez besoin, vous pouvez réintégrer votre présence au monde en un claquement de doigt.

Ce voyage intérieur guidé consiste à se détacher des émotions brûlantes, inspecter et étudier chaque partie de son corps et à reprogrammer ce qui va de travers.

La déprogrammation phobique a commencé aux séance suivantes.

La première consistait essentiellement à me faire atteindre cet état modifié de conscience qui permet de travailler efficacement ensuite. C’est cet état que j’atteins aussi désormais facilement dans le cadre de ma méditation quotidienne et qui me permet de dire que ma pratique s’apparente davantage à de l’auto-hypnose qu’à de la méditation-relaxation.

La déprogrammation? C’est assez simple : elle consiste à dire à son corps d’éteindre ce qui doit être éteint et d’allumer les forces qui lui manquent. C’est un peu comme avec un logiciel dont on veut supprimer des parties obsolètes et en pluguer de nouvelles. Cela passe par des images mentales (on imagine que les cellules de notre corps s’allument et que d’autres s’éteignent). C’est très agréable, cela génère une espèce de sensations de nettoyage intérieur, de plénitude. Ensuite on peut aller plus loin selon les besoins et les séances et imaginer par exemple un lac de lave dans lequel on jette sans retour tout ce qui nous tracasse, ou une présence réconfortante qui nous enveloppe.

Ce nettoyage peut prendre 30 minutes si on le fait en totalité, c’est-à-dire 5 étapes : 

  • scan corporel (je salue et je détends chaque partie de mon corps)
  • nettoyage des 7 partie du corps grâce au au lac de lave (attention ne prenez pas peur, certains parlent ici de Chakras mais l’idée est surtout d’accorder de l’attention à chaque composante de votre être). Schématiquement : la tête, la gorge, le coeur, plexus, le nombril, le pubis et l’intuition.
  • déprogrammation de toutes les cellules du corps (on allume et on éteint les bonnes lumières)
  • appel à une entité bienveillante qui nous enveloppe, nous réconforte et emporte nos peurs et nos chagrins
  • mise en place d’une « bulle » de protection et d’une force calme qui nous accompagnera après la séance

La clé de tout ce processus, c’est de formuler une demande claire. Ici, je pratiquais cet exercice en ayant clairement en tête d’arrêter d’avoir peur. Tout mon nettoyage, ma déprogrammation était tendue vers cet objectif.

Est-ce que cela fonctionne? Et bien j’ai passé les 10 plus beaux jours de ma vie en Thaïlande. Je n’ai tout simplement pas VU d’insecte (alors qu’il y en avait forcément, mais il n’attiraient plus mon regard et je ne les cherchais pas comme avant). Et ceux que j’ai remarqués (notamment des gros scarabées volants) m’ont semblé neutres. Je n’avais pas envie de partir en courant. Je dirai donc que c’est réussi!

*** Alors, comment ça marche tout ça? ***

Depuis, je me suis intéressée aux mécanismes de notre cerveau et à ces nouveaux outils que j’ai découvert pour améliorer ma qualité de vie : l’auto-hypnose/méditation et la visualisation

Si vous avez la fibre ésotérique, vous pouvez creuser le sujet, il y a une grande littérature sur les chakras, la physique quantique et le magnétisme. Je ne suis pas certaine d’adhérer mais je suis convaincue de certaines choses que les neurosciences ont confirmé, notamment cette grande vérité : notre cerveau est paresseux!

Le cerveau aime habitudes et fait donc plein de raccourcis pratiques pour lui.

Exemple : un enfant qui se dit « c’est cool d’avoir peur des guêpes/araignées, mon papa s’occupe de moi quand j’ai peur » pourra grandir avec une phobie installée alors que papa n’est plus là depuis longtemps pour le border. Le cerveau a juste intégré qu’avoir peur crée des bénéfices relationnels. Même si l’adulte a depuis longtemps oublié en quoi c’était cool de flipper pour un rien, le cerveau a créé ses petites habitudes et reproduit indéfiniment le circuit qui lui paraît confortable. Et c’est super si le gentil mari prend le relai du gentil papa, puisque ça conforte le cerveau dans l’idée qu’il a bien fait d’appuyer sur le champignon. Vous voyez l’histoire?

D’une manière générale, tous les schémas que vous installez dans l’enfance et l’adolescence deviennent des chemins super pratiques et connus que votre cerveau va sans cesse vous encourager à prendre. Du coup, il va toujours mettre la lumière sur ce qui confirme vos habitudes mentales. Et c’est comme ça qu’on en arrive à assener et auto-générer de grandes croyances sur soi-même comme « je suis nulle en maths », « je n’aime pas le sport », « je suis colérique », « les enfants doivent faire ceci ou cela » ou « je suis une couche-tard » , « je dois être parfaite » etc.

En fait, votre cerveau vous caresse dans le sens du poil, et un peu comme Facebook : l’algorithme ne prêche que dans votre sens et vous ne voyez plus QUE les choses qui confirment vos croyances.

Alors on fait comment pour redécouvrir une vie plus neutre, plus ouverte, avec moins de jugements sur soi et sur les autres?  Et bien il faut vous REPROGRAMMER.

C’est-à-dire expliquer de manière répétée à votre cerveau que c’est bon là, il peut arrêter d’avoir peur parceque le danger a disparu depuis longtemps, ou que vous pouvez arrêter de jouer les victimes parceque la vie est beaucoup plus sympa quand on la dirige que quand on fait peser sur les autres le poids de ses propres errements. C’est ce que Clotilde Dussoulier appelle « Le confort dans l’inconfort » : parfois, il faut lutter contre votre cerveau et ses petites lumières qui clignotent pour l’habituer à une nouvelle approche qui est beaucoup plus satisfaisante pour vous…

Elle explique bien cela ici et .

En gros on en retient donc que :

  • les circonstances sont neutres : c’est VOUS qui choisissez de devenir dingue pour elles.
  • vous pouvez agir : vous n’êtes ni victime ni coincé, vous pouvez donner des impulsions pour améliorer les choses (Clotilde Dussoulier appelle ça « Les Lois de l’attraction », d’autres comme Joe Di Spenza vont carrément jusqu’à la physique quantique et la possibilité de « bouger » l’univers » ). Dans tous les cas c’est un fait prouvé : vous pouvez encourager votre cerveau à réfléchir différemment, et à faire de vous (au choix!) une personne moins fébrile, moins rancunière, plus créative, moins jugeante, plus bienveillante…enfin, celle que vous avez envie d’être.

 

Et concrètement au quotidien, comment ça se passe chez moi?

Tous les jours après le déjeuner, je programme 20 min. de musique planante dans mon téléphone (comme ça quand c’est fini je sais qu’il est temps d’émerger) et je choisis chaque jour une intention pour ma méditation. Par exemple : ne pas avoir peur de reprendre le travail (gloups), ne pas jouer les Bree Van der Kamp ce week-end quand je recevrai 15 personnes à la maison, juguler la colère qui monte sur des sujets triviaux, etc.

Je visualise clairement l’atteinte de cet objectif, je « nettoie » mes cellules de tous les parasites et croyances qui m’empêche de l’atteindre…et me voilà zen. Et c’est comme ça tous les jours 🙂

Ça a l’air bête dit comme ça mais…ma vie a changé depuis que je me suis mise aux commandes de cette manière. J’ai compris que ce n’est pas aux autres de faire mon bonheur.

J’agis, j’ose me demander les choses clairement, me donner les moyens pour y arriver et surtout je « neutralise » ce qui me pèse artificiellement (rancoeurs, récriminations, nombril : c’est terminé). Et ça fait un bien fou.

 

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