Vitalité / dévitalisation

Il y a quelques jours, je bavardais avec une amie qui m’expliquais combien il était important de travailler dans un environnement qui nous revitalise…et combien de nombreuses personnes se font au contraire dévitaliser par leur travail.

Je n’avais jamais pensé au travail sous cette angle. J’ai trouvé cette approche intéressante car je n’avais JAMAIS envisagé que l’univers professionnel puisse me revitaliser #maso

Pour moi, le travail est ce gouffre infini dans lequel je jette de l’énergie depuis 15 ans, et cela me semblait parfaitement normal. Je n’ai jamais imaginé qu’un retour à l’envoyeur puisse se faire. En résumé deux questions sont apparues :

  • pourquoi ais-je travaillé 15 ans persuadée que c’était à moi d’apporter l’énergie aux projets et aux hommes, en clair à la grande cause (=le business)
  • ensuite, pourquoi ais-je considéré que je ne pouvais puiser ma vitalité que dans la solitude, la lecture et les doux moments en famille et que je n’avais rien à attendre du travail de ce côté-là ?

Schématiquement, dans ma tête, la vie était un grand vase communicant : d’un côté, l’un que je remplissais d’amour, de force, de sourires, de tendresse, de calme, de sérénité, de rêveries et moments en famille…de l’autre un vase (a)vide qui pompait l’énergie du premier au service des clients, des collègues, des prestataires, des pairs, des missions, des apparences sauvées et de la satisfaction des objectifs.

Et quand le second vase était vide? Je courais me réfugier dans ma grotte familiale lécher mes plaies. Une fois les batteries pleines, je revenais consciencieusement les épuiser au travail. Et cætera.

Rien ne me paraissait plus normal.

Or, en réfléchissant sur le principe vitalité/dévitalisation je me suis demandé s’il était sain qu’une vie personnelle se retrouve au service de la vie professionnelle…et s’il était vraiment juste que l’une ne fasse que prendre tandis que l’autre ne faisait que donner. Avec un super bonus en prime : que se passe-t’il quand le premier vase (celui de la famille) ne parvient plus à se remplir pour une raison X ou Y ?

Attention poiler : c’est le crash système.

Et ce dérèglement fatal, c’est ce qui m’est arrivé l’année dernière.

Ma vie perso était peu revitalisante, entre des enfants-zèbres en crise, un mari start-upper monotâche, le corps qui s’épuise et des heures de transports en Ile-de-France… Du coup, mon « réservoir à énergie » pour le travail – qui n’était ni pire ni meilleur qu’avant- n’était plus disponible. J‘ai collapsé.

Je retire 3 enseignements de cette prise de conscience (youyou j’ai découvert l’eau chaude!…)  :

1- Les proches sont la priorité n°1 : vous ne pouvez pas offrir le meilleur de vous-même à votre vie professionnelle et laisser vos proches récupérer des miettes, vous remettre sur pied puis repartir au charbon. Cela fragilise la vie perso et le jour où elle est à bout de souffle, tout s’écroule.

2- Chaque vase doit avoir sa production autonome d’énergie : une vie professionnelle qui ne fait que vous prendre du jus n’est pas une vie professionnelle viable. Elle doit AUSSI vous apporter du carburant. Il y a mille manières d’y parvenir. D’abord la passion : si vous adorez ce que vous faites, c’est du bon kérosène. Et il y a plein d’autres carburants, c’est très bien expliqué dans cet article. Se sentir respecté, reconnu, épaulé. Faire des formations qui vous intéressent et vous correspondent (pas le 4e stage au WallStreet Institute alors que vous rencontrez 2 anglophones par décennie). Etre entouré de gens qui vous stimulent, que vous jugez valeureux (c’est une petite mort que la fréquentation obligatoire et répétée de personnes qui vous tirent humainement et/ou intellectuellement vers le bas).

NB : le schéma marche aussi à l’envers. Il y a des gens dont la vie personnelle les épuise et leur demande beaucoup d’efforts, et ils se ressourcent dans un travail qui les nourrit énormément. Leurs vases sont juste inversés, le danger reste le même : un souci, une déception au travail et vous fragilisez tout le système.

3-Ecoutez votre intuition : les podcast de Clotilde Dussoulier sont éclairants à ce sujet, tout comme le best-seller de Joe Di Spenza (qui vaut beaucoup mieux que son titre nase) « Rompre avec soi-même ».  Votre intuition est une version rapide et améliorée de votre intelligence. Quand elle vous dit de ne pas aller quelque part, prêtez-y attention. Vous ressentez l’injustice, vous ressentez les conflits de valeur, vous ressentez l’absurdité de vos arbitrages…

Ça ne veut pas dire de tout jeter par la fenêtre. Vous pouvez trouvez des solutions progressives, mesurées, concertées. Mais un problème qui n’est pas identifié et reconnu ne peut pas être traité.

La bonne question à se poser est donc : qu’est-ce qui me procure de l’énergie et où sont mes énergivores? 

 

 

 

 

 

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