Je change de crémerie!

Ma Sérendipité a trouvé sa nouvelle maison 🙂 Rendez-vous ici désormais :

https://serendipite.org

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Johnny, la centrifugeuse et les pépites

Connaissez-vous des moments dans la vie où vous vous dites « je vis un truc incroyable! ». Ces moments où vous êtes cueillis, surpris, retournés, saisis? Des instants dont vous sentez qu’ils sont inhabituels, incongrus, précieux, parfois dramatiques ou carrément sensationnels?

Ces moments je les appelles des pépites. Comme je suis sensible (très sensible) (trop sensible), les émotions me traversent avec une facilité folle. Je pleure devant les exploits sportifs, je suis transportée par la virtuosité d’un film, je palpite d’admiration devant un roman bien écrit…alors ces pépites, que dire? Elle suspendent un peu le temps pour moi.

Récemment, j’ai vécu deux moments-pépites et je voulais les partager avec vous.

Le premier appartient à la catégorie « incongrue ».

Je rentrais du sport et j’écoutais Augustin Trappenard sur France Inter (sa bienveillance et sa culture font ma joie quotidienne) et je me branche sur la station alors qu’une pause musicale diffuse une chanson inconnue. Un homme déclame avec grandiloquence un texte distopique sur une société qui n’aurait pas connu la nature tandis que monte sourdement derrière lui une mélopée grandiose, du Beethoven. Et c’est très beau.

Saisie, j’écoute ce récit qui monte comme un escalier fou, qui frappe par son intensité, sa profondeur, sa puissance. J’accuse l’uppercut et j’attends la suite.

Augustin reprend la parole sans commenter ce son, il discute avec Robert Hossein. Je suppose alors que c’est ce grand acteur qui a réalisé cette performance. Je cherche vainement sur internet, rien. Finalement, sur le site de l’émission je découvre que c’est Johnny Hallyday, THE Johnny qui chante en 1970 cette fable écologique écrite par Philippe Labro (THE Philippe) sur la 7e symphonie de Beethoven. Les. bras. m’en. tombent. (je n’avais pas exactement de passion pour Johnny dois-je le préciser?)

 

Ma deuxième pépite est, elle, de la catégorie « Expérience ».

Depuis plusieurs années nous avons un abonnement familial au Palais de la Découverte. J’adore ce lieu, grandiose et délabré où petits et grands peuvent venir découvrir les mystères de la science et du vivant. Le planétarium fait partie de mes endroits préférés sur terre (fauteuils moelleux, noir absolu et récits qui vous mettent la tête dans les étoiles).

Les conférences sont souvent passionnantes; on découvre les règles de l’électromagnétisme à l’aide d’un aimant gigantesque, la communication animale en observant des rats, fourmis, grenouilles, araignées, poissons…, la chimie en fabriquant du slime et le zéro absolu n’a pas plus de secret grâce aux explications ludiques. Des sessions dispensées par des doctorants passionnés des meilleures universités. Tout est accessible, décomplexé, ouvert : j’adore!

A la demande de la grande Fée nous y sommes allées juste elle & moi dimanche dernier sans grande ambition, juste passer une tête et aller à de nouvelles conférences (ils ont développé des conférences sur les sciences du numériques et internet, utile) et nous faire une pause Planétarium.

Soudain, sur une inspiration de la dernière heure, juste avant la fermeture du Palais, nous décidons d’assister à une conférence inconnue dont nous avions souvent vu l’intitulé qui ne nous avait jamais séduit jusque là : « Coriolis et le pendule de Foucault. »

Grand bien nous a pris! Nous arrivons dans une salle dont nous n’avions jamais remarqué l’existence, toute ronde avec une banquette centrale, arrondie elle aussi et dont l’accès est empêché par une chaîne. Nous voilà à attendre avec d’autres curieux, le conférencier qui arrive en jean et baskets, 30 ans maximum et le cheveux en bataille. Il défait la chaînette et nous invite à nous assoir sur la banquette. Je réalise que nous montons en réalité dans un manège intégré au sol, la banquette va tourner. Le conférencier demande si quelqu’un a mangé juste avant – haussements d’épaules des participants, le français est trop cool pour avouer sa faiblesse- et il démarre la machine. La banquette commence à tourner, les sourires se dessinent sur les lèvres.

En dépit du mouvement de cette centrifugeuse, le conférencier se tient debout (l’exploit!) et commence à nous expliquer les forces centrifuges, centripètes, nous jette des balles de tennis, nous demande de nous lever, de courir, de lancer des objets aux curieux restés à terre. La Grande Fée devient un cobaye, elle titube sous les consignes et tente de traverser le manège à grands pas, petits pas, rapides puis lents. Chaque expérience apporte son lot de Oh! et de Ah!, la surprise est au coin de chaque tentative. Nous sommes tous stupéfaits (Sauf le japonais qui demande à descendre, verdâtre).

On découvre alors la force de Coriolis (moi qui ait eu 5 en physique au bac, enfin j’y comprends quelque chose!), on comprend l’expérience de Foucault au Panthéon qui avait prouvé avec un pendule de 27 mètres accroché à la grande coupole que la terre tournait.

Cette pépite-là est pleine du souvenir des yeux écarquillés et joyeux de la Grande fée, de ma propre jubilation à comprendre un petit bout de Physique alors que je m’y croyais farouchement étanche, de l’intelligence jubilatoire du conférencier qui a réussi à ne jamais vomir en dépit des mouvements variés et souvent très rapides du manège.

Ce fut un voyage mobile et mobile à la fois, inoubliable et qui a remis en moi du carburant pour longtemps sur le plaisir d’accéder à de nouveaux savoirs. Et l’envie de saluer – again- cette petite futée de Sérendipité qui n’est décidément jamais très loin.

(Merci, toi).

 

Changer le monde : on commence par quoi?

Elle nous gratte tous, cette envie. 

Elle nous apparaît lorsqu’on voit cette dame se comporter si mal à la caisse du supermarché, quand on passe devant la famille de réfugiés installée devant la boulangerie, quand on se réveille avec des infos folles dans les oreilles (Trump ceci, le gouvernement italien cela, un attentat à Kaboul, la 12e journée de grève SCNF, l’enfant suspendu au balcon…), quand ton fils de 8 ans rentre de l’école en parlant de suicide du papa de l’un de ses amis, quand tu vois fleurir des #metoo partout, quand tu n’en peux plus de voir passer des articles sur la charge mentale alors que toutes tes amies (et toi aussi) ploient sous les injonctions dingues (grande carrière, beaux enfants, intérieur Elle Déco, joli cul, santé de fer et sexualité débridée)…

L’envie de changer le monde, de donner un grand coup de pied, elle est tapie dans nos coeurs derrière nos bras impuissants mais elle est tellement là.

On se demande par quel bout la prendre. On la repousse, on la ridiculise, on l’ignore, on la chasse. Elle revient pas la fenêtre par la cheminée, elle s’impose, les pieds croisés sur la table du salon en attendant son heure. Elle sait que tu céderas. Ce grand écart entre ton indignation, cette tension interne insupportable, et le monde quotidien qui marche à l’envers… ce n’est plus tenable.

Alors, grâce cette année sabbatique, c’est enfin l’ouverture des vannes. Je m’autorise à imaginer un monde meilleur. Je m’autorise à me dire que j’y peux quelque chose. Je m’autorise à croire qu’on a tous un peu envie de ça au fond. Le film « Demain » racontait cette histoire. Son succès nous en dit quelque chose.

Je ne serai pas grande. Je ne sauverai personne. Je ne serai pas décisive. Je serai juste un colibri qui fait sa part.

 

La part que je me suis assignée ? J’en ai choisi deux (pour le moment) :

  • Diminuer l’agressivité, la manipulation et le stress dans les relations humaines. Ils détruisent les neurones, c’est prouvé scientifiquement : la colère, l’agressivité ou encore l’humiliation vous empoisonnent et vous abîment littéralement le cerveau*. Il est temps de renoncer à vos vieux réflexes. De mon côté j’y travaille depuis plusieurs mois, c’est long, ardu mais absolument GENIAL. Je poursuis donc mon chemin vers la communication non-violente et la parentalité efficace (poke atelier Gordon again).
  • Tenter de faire pousser une nouvelle génération d’enfants, plus curieux, plus autonomes, plus courageux, plus ouverts, plus libres, plus stables émotionnellement, plus cultivés… Je me suis lancée avec une poignée de doux-dingues parfaitement pragmatiques (oui c’est possible) dans la création d’un nouveau Collège en banlieue parisienne. Un collège positif, où le bâton et la carotte n’existent pas, où l’on apprend à faire grandir de vrais humains qui se respectent et sont guidés par la compréhension du monde et non par la crainte de l’adulte. Un collège où l’on parlera plein de langues, où l’on découvrira des matières inédites (intelligence artificielle, jardinage, relaxation et compétences relationnelles…). Un collège où chaque élève s’élèvera effectivement au lieu de se rabougrir. Au lieu de penser qu’il ne peut rien. Qu’il est impuissant, minuscule et qu’il n’est digne d’être aimé que lorsqu’il répond à la baguette aux attentes des adultes.

Bref, l’avenir.

(si vous voulez en être, on recrute ici).

 

** Catherine Gueguen / « Pour une enfance heureuse »

Les lectures inavouables

Mon petit frère (il a 36 ans mais je pense toujours à lui comme à mon « petit » frère) et moi sommes TRES différents. Grosso modo, nous avons grandi telles deux parallèles qui ne se rencontrent quasiment jamais.

Je ne saurais expliquer cette différence, qui est la même avec mon grand frère. Peut-être chacun a-t-il endossé son rôle dans la fratrie, son étiquette et s’y est-il tenu. Peut-être que nous étions fondamentalement très différents et que nos centres d’intérêt n’ont que rarement convergés.

Je l’ignore mais cela n’a jamais été un souci, au fond. Juste le constat que nous n’étions pas très proches mais pas indifférents pour autant.

Rassurez-vous, ce post n’a pas pour but de vous faire la généalogie de mes relations avec mes frères (qui sont aujourd’hui excellentes au demeurant) mais de contextualiser le fait que nous avions initialement assez peu en commun.

Or, il y a quelques années, mon petit frère donc, a décidé de m’initier à ses lectures.

Il faut savoir qu’avant mes 30 ans je n’avais quasiment lu aucun roman moderne, c’est-à-dire postérieur à 1970 en gros. Ils me tombaient des mains. A côté des Balzac, des Zola, des Flaubert, des Dostoïevski et Yourcenar que je vénérais, je ne comprenais pas leur économie de mots, je trouvais vulgaires leurs intrigues si contemporaines et finalement je ne trempais qu’un orteil récalcitrant dans cette eau qui me paraissait trouble et glacée.

Pour mon anniversaire j’ai donc reçu dans ma boîte aux lettre un jour les 3 premier tomes de Game of Throne adressés par mon cadet. Attention, je vous parle d’un temps où cette série celebrissime n’existait pas et où ce récit se « résumait » à un best-seller de 16 tomes réservés au fondus de Fantasy qui regrettaient d’avoir déjà lu 20 fois le Seigner des anneaux (en gros).

Quelle bonne idée! 3 mois plus tard j’achevais le dernier tome, qui par ailleurs n’était pas la fin du récit mais George R. R. Martin ne semble (toujours) pas décidé à écrire la fin de l’histoire. J’avais adoré cette débauche d’intrigues sophistiquées et de personnages dingues, je m’étais plongée longuement dans la généalogie de ces familles cruelles et dysfonctionnelles au possible, bref j’avais passé un excellent moment ! (merci qui?)

Depuis, j’ai naturellement révisé mon jugement sur la littérature moderne, je suis tombée amoureuse d’Olivier Adam, de Haruki Murakami et de Modiano (oui je n’ai pas peur des grands écarts) et je guette la rentrée littéraire comme une petite assoiffée. Fontaine, fontaine…vous connaissez la chanson.

Désormais, ma fille la Grande Fée a pris le relais de mon frère et je lis grâce à elle de nombreuses sagas comme « Gardiens des Cités perdues »,  « La passe-miroir » et autres « Divergentes » et « Hunger games ». Figurez-vous que je m’en porte trés bien et cela ne m’a pas empêchée de relire Proust l’année dernière ni de tomber in love des éditions Zulma récemment.

Et à ma plus grande joie, mon frère a récidivé il y a quelques semaines en me recommandant le très bon « Empire Ultime » de Brandon Sanderson. Le titre ne présage rien de bon je l’avoue, mais l’histoire se tient très bien, est trépidante et exotique au possible, assez dark aussi mais rien de comparable aux polars que je ne supporte plus tant ils se complaisent dans une noirceur gratuite et maladive.

Alors voilà, j’ai 40 ans et je lis des teen-sagas, j’aime les best-seller Fantasy et je n’ai pas relu Dostoïevski depuis 15 ans. C’est un peu coming-out bien modeste que celui-ci mais je voulais juste vous dire que lire c’est chouette, quel que soit le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse.

Voilà pourquoi aussi mon Pilou de 8 ans dévore actuellement des mangas et la biographie d’Antoine Griezmann en 2 tomes (oui ça existe, si votre enfant est dingue de foot, vous pouvez l’amener à la lecture aussi).

La morale de cette histoire? Il n’y a pas d’âge pour se trouver des points communs avec votre petit frère et surtout lisez tout ce qui vous chante!

Pouvoir, mon beau Pouvoir…

Les parents de ma génération (quadragénaires et trentenaires, en gros) ne cessent de m’étonner positivement. A l’école de mes enfants, au travail, copines d’enfance, collègues de formation, amis d’amis : je perçois chez beaucoup l’envie d’analyser leur environnement, d’évoluer et de grandir.

Cela me réjouis car il me semble que les générations précédentes ont appuyé leurs vies sur des principes plus terriens, moins empathiques. Ce n’est ni bien ni mal, la pyramide de Maslow l’illustre bien; assurer la sécurité, l’indépendance, la solidité matérielle après la guerre et dans les années des premiers chocs pétroliers, c’était l’évidence même.

Au maximum ces générations ont donc atteint la partie Orange (besoin d’estime qui s’est traduit par l’envie de « faire carrière » et être reconnu) mais la pointe Rouge sur l’accomplissement de soi n’a pas vraiment constitué un débat majeur avant les années 2000. En gros, on s’accomplissait dans le travail, on visait un parcours successfull, et un compte en banque bien garni. Des Graal essentiellement matériels.

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Bien sûr les généralités sont dangereuses, je sais bien qu’il n’y a pas d’âge ni de période pour courir après l’argent, pas plus que d’âge pour s’interroger sur soi.

Je partage simplement ici mes observations du quotidien et le fait est que je suis entourée de gens de mon âge qui réfléchissent. Qui réfléchissent VRAIMENT.

Comment être plus serein? Plus juste? Un meilleur parent? Une meilleure personne?Comment respecter l’environnement? Quel exemple donner à mes enfants? Quel rapport ai-je à la vie? Comment être en harmonie avec mes proches?

Ces questions me passionnent car elles témoignent toutes d’une grande conscience de nous-même et de notre capacité à AGIR sur notre environnement au fond.

Le problème? Dès qu’on parle d’action, la question du POUVOIR n’est pas loin.

Car il y a mille manières d’agir. Les pires tyrans ont agi en pensant oeuvrer le bien commun (poke Mao, poke Staline). Vouloir le bien n’est donc pas la garantie ni d’avoir raison ni de savoir rendre soi-même et les autres heureux.

Avec les enfants et dans chacune de nos familles, il en va de même. Des millénaires de patriarcat ont abouti à une vision de l’action parentale assez lapidaire : j’ordonne, tu obéis.

Il existe une infinité de variations mais les relations intra familiales à leur grande majorité peuvent être résumées à des luttes de pouvoir : l’enfant qui grandit lutte (souvent pour son indépendance), les parents luttent pour leur intégrité (ou ce qu’ils appellent le respect).

(NB : C’est une notion qu’il est toujours utile d’interroger, chacun voyant le respect à sa manière. Rien ne saurait être plus dangereux que de brandir cet étendard…je vous rappelle que dans certaines rues et/ou dans certains pays, un simple regard ou une simple jupe peut être interprétée comme un insupportable manquement…alors avant de parler de respect assurez-vous que votre référentiel est celui de votre interlocuteur sinon le dialogue de sourd est assuré. Et vous n’êtes ni plus beau ni plus malin que la personne en face de vous, vous êtes juste différent d’elle … et il y a fort à parier qu’elle pense la même chose de vous, Clotilde Dussoulier l’explique bien ici).

Alors OUI, le temps a fait son oeuvre, l’évolution des moeurs et Mai 68 aussi, bien des nuances sont venues teinter ces rapports lapidaires entre les parents et les enfants mais si l’on est honnête le diptyque initial reste intact : le parent a le pouvoir, l’enfant a le droit…de se taire.

Même les parents qu’on peut qualifier de démissionnaires sont victimes de ce diptyque : puisque la société, les bons conseils des aînés, vont tous dans le sens de « Tu dois tenir ton fils », « ta fille doit te craindre, c’est ça le respect »…ils échouent à activer la sacr-sainte polarité Parent Puissant/ Enfant Obéissant. Ils échouent certes, mais toujours dans ce cadre imposé.

Pourtant j’ose le dire : je suis convaincue qu’il est possible d’exercer une action au sein de sa famille sans mettre en oeuvre de mécanique de POUVOIR.

Oui chers amis je vous révèle cette idée folle : on peut agir, on peut influer, on peut changer les choses y compris sur ces petits êtres si fatigants qu’on appelle enfants sans exercer sur eux de pouvoir (au sens où on l’entend communément, c’est-à-dire le pouvoir car je suis le plus fort, le pouvoir car je suis le plus vieux, le pouvoir car je suis le plus riche).

Aujourd’hui je pense même que c’est là toute l’erreur initiale. En élevant nos enfants dans un climat ou le pouvoir régule tout car c’est le levier le plus puissant, immédiat et reptilien (va te coucher parceque je l’exige, écoute la prof parceque c’est obligatoire, tais-toi car tu me dérange, sois sage et fais-toi tout petit), on enseigne à nos enfants la crainte, la conformité, l’absence d’esprit critique.

Et on leur apprend à plaire. A écouter cette petite voix qui dit de sourire à la dame, d’être courtois voire déférent voir flagorneur…des qualités reconnues et encouragées par tous ceux, nombreux sur leur chemin de vie, qui se montreront fort sensibles à la flatterie et à la vanité. Le corbeau et le renard n’ont pas pris une ride.

Quelle indépendance d’esprit et quelle force peut naître sur ce terreau? Quelle conscience de lui-même et quel chemin de vie un enfant peut-il emprunter quand sa boussole est celle de l’obéissance?

Ce qui est paradoxal, c’est que dans le même temps la société, les médias, le business valorise les audacieux, les iconoclastes, ceux qui cassent les codes et ont un regard personnel sur les choses. Il faut inventer de nouveaux terrains, défricher, rompre, parler différemment, être disruptif. Tout ce que les parents et l’école s’emploient quotidiennement à gommer!

Vous en connaissez beaucoup des parents qui se targuent d’avoir un enfant « disruptif »? On me dit dans mon oreillette qu’on dirait plus communément « super relou et mal élevé ».

Du coup, j’ai une mauvaise nouvelle pour vous : si vous rêvez que votre enfant devienne un grand artiste, un inventeur, un médecin précurseur, un entrepreneur à succès? Il y a fort à parier qu’il y parviendra beaucoup mieux s’il a grandi dans un climat d’ouverture, de bienveillance, de nuance, que si vous l’avez élevé dans la crainte de l’adulte et dans la parole sacrée du professeur.

Rien ne dit qu’il ne parviendra pas à connaître ces grands destins, les enfants polis et conformes savent réussir (et même mieux que les autres puisqu’ils ont intégré tous les codes sociaux implicites ou non qui leur feront réussir les concours et examens, entretiens d’embauche et tests RH) simplement il mettront probablement des années à se débarrasser du pouvoir exercé sur eux et du carcan auquel ils se conforment…voire ils n’en sortiront jamais. Leur capacité à exécuter ce que l’on attend d’eux dans tous les domaines est inversement proportionnel à leur capacité à se rendre heureux et à écouter leurs inclinaisons naturelles… quand on veut être parfait, on fait plaisir aux autres, rarement à soi-même. Le burn-out dont on entend tant parler en est une manifestation criante.

Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit… Bien entendu, il est important qu’un enfant apprenne, grandissent avec des références, se forge des repères. Je dis simplement qu’il est encore mieux d’apprendre dans la joie, de grandir avec confiance et de construire un socle et non un cadre paralysant si l’on veut laisser à nos enfants la possibilité de devenir des êtres éveillés, autonomes et capables avant leur 50 ans.

Un exemple : la politesse est-elle une valeur cardinale à leur enseigner? … l’empathie ne serait-elle pas peut-être une compétence plus large et efficace ? Elle mènera tout aussi bien à votre objectif de politesse mais en empruntant un chemin plus dense et construit auquel l’enfant sera sensible, celui d’une attention sincère à l’autre. 

C’est toute la méthodologie relationnelle expliquée par Thomas Gordon et fortement inspirée des principes de communication non-violente (CNV). Je vous rassure, lorsque vous appliquez ces principes, vous ne renoncez pas à vos objectifs et vous ne faites pas des enfants-roi. La CNV ce n’est pas dire à votre enfant « Mon petit chéri, tu peux faire tout ce que tu veux, maman/papa ne veut pas te contrarier ».

Vous faites simplement le choix d’avoir une relation équilibrée avec eux, d’élaborer des solutions gagnant-gagnant, de ne pas user de la force ou de la contrainte dans vos rapports avec eux. C’est l’anti-force, c’est l’anti-manipulation : vous choisissez de dialoguer avec votre enfant et vous lui permettez ainsi de devenir autonome, confiant et de comprendre profondément POURQUOI il fait les choses au lieu de le lui ordonner.

Le résultat? Des enfants qui se régulent mieux puisqu’ils comprennent pourquoi ils font les choses, des enfants qui sont confiants et ouverts dans leur rapport avec les adultes, des enfants qui interrogent le monde qui les entoure.

C’est vrai que cela prend plus de temps, que les effets sont moins immédiats et nets que le dirigisme mais en ce qui me concerne, j’applique ces principes depuis plusieurs mois et le niveau d’engueulades à la maison a diminué de 50 à 70%, les rapports entre les enfants sont plus mesurés (en donnant l’exemple de dialogue constructif, je découvre que je leur ai indirectement appris à mieux construire leurs interactions entre eux) et les problèmes se résolvent en groupe avec des bonnes volontés réciproques au lieu d’être imposées et mal acceptées.

Ici on peut faire un parallèle avec le monde de l’entreprise où le management paternaliste et/ou dirigiste a montré ses limites et où l’entreprise libérée, la disruption, l’autonomie et la confiance commencent à apparaître comme des concurrents sérieux à la baguette et au management old school avec bâton et carotte.

Catherine Gueguen**, célèbre pédiatre explique d’ailleurs : « Les humiliations verbales ou physiques, des jugements définitifs (tu es méchant, bon à rien), altèrent le cerveau des petits. Ils freinent ses apprentissages (troubles de la mémoire, de la réflexion et de la pensée) et provoquent des troubles de comportement (agressivité, relations conflictuelles aux autres etc.). Quant au stress répété (reproches, menaces ou chantage), il détruit littéralement des neurones du cerveau des enfants compromettant durablement leur  développement affectif et cognitif, leur épanouissement et l’harmonie de leur future vie d’adulte ».

Les jugements définitifs m’apparaissent ainsi comme le plus grand méfait de l’éducation dirigiste : comment assener à des enfants de 5, 6 10 ans qu’ils sont « gentils » ou « méchants » ou « pas sages » ou « malpolis » et que sais-je encore? Un comportement reste un comportement, il peut être regardé, commenté, débattu, mais en aucune manière il ne saurait résumer la personnalité d’un être en construction. Le problème? En pensant que ces phrases sont anodines, vous crées ce qu’on appelle des prophéties autoréalisatrices. L’enfant devient ce que vous lui répétez…ou luttera inlassablement contre vous et ces paroles malheureuses, engendrant un lot d’incompréhensions et de résistance sans fin.

Le parallèle entre école et cellule familiale est ici intéressant. L’école (pour mille raisons qui tient aux effectifs, au manque de moyens, aux dogmes) a adopté la même technique d’exercice du pouvoir : on ne travaille pas avec l’enfant, on ne collabore pas avec lui, on ne lui donne pas de voix ni d’existence propre, on lui demande d’exécuter des tâches en silence et on l’étiquette (enfant sage, agité, malpolis, ingérable, moteur…).

Et c’est bien normal car on sait aujourd’hui grâce à divers travaux de recherches que l’école a développé une vision industrielle de l’élève qui ne sait pas répondre à la variété des personnalité, des cerveaux, des besoins. Si l’on fait une métaphore agricole, c’est de la monoculture avec tous les effets pernicieux que l’on connaît (assèchement des sols, monotonie, désuétude des autres cultures…). Du coup, tout ce qui sort du cadre établit apparaît comme divergent, chronophage, pénible…

Pourtant il y a fort à parier que l’intelligence de vos enfants (et la vôtre!) rentre mal dans cette monoculture. Vous le savez sans doute, on identifie aujourd’hui huit types d’intelligence, cette courte vidéo explique cela super bien. Vous retrouvez-vous dans ces descriptions? Où vous situez-vous? Où est votre enfant? Où est votre conjoint, vos amis, vos parents? Et pensez-vous que l’école a prêté attention et vous a aidé à développer votre génie ou vous a-t-on imposé le référentiel classique des forts-en-maths et des grosses capacités de mémorisation ?

Einstein l’a très bien dit : « Tout le monde est un génie. Mais si on juge un poisson sur sa capacité à grimper à un arbre, il passera sa vie à croire qu’il est stupide ». Ne trouvez-vous pas que l’école et la famille sont les lieux où des enfants se persuadent jour après jour qu’ils sont stupides, insuffisants, anormaux ? Pouvoir mon beau pouvoir, qu’as-tu fait de moi?…

Observez par exemple le schéma traditionnel d’organisation d’une classe : le rôle de l’élève est d’écouter, d’écrire, et seule la position assise est envisagée.

Il est alors fréquent d’entendre les enseignant (et leurs parents) déplorer des élèves qui «ne tiennent pas en place».

Alors que le corps des élèves n’est tout simplement pas un sujet de préoccupation. Or, je ris jaune car l’INRS* explique que «la pénibilité croît avec l’immobilité. L’impossibilité de bouger accroît l’inconfort de n’importe quelle position». Et là, petits et grands sont logés à la même enseigne : plus l’inconfort augmente, plus l’attention diminue. On pense donc dès le plus jeune âge qu’on est stupides et agités alors qu’on était juste…humain.

Ce que j’en conclue? L’injonction parentale, l’injonction de l’école : « Reste à ta place »! n’ont jamais été plus inefficaces et délirantes qu’aujourd’hui.

Pour être un adulte pleinement vivant, riche et contribuer à la société il faut précisément éviter de rester à sa place. Je ne prône pas la révolution, je préconise de changer d’angle, de faire des pas de côté et d’oser renoncer aux relations de pouvoir pour entamer un dialogue plus juste avec vos proches. Certes ce dialogue vous expose plus, certes vous pouvez perdre le contrôle, oui vous pratiquez le pouvoir et la manipulation depuis des années et c’est fort confortable mais quel monde voulez-vous? Et que risquez-vous vraiment ? 

J’ai pris il y a 7 mois ce parti modeste et stimulant de réduire autant que possible ce qui relève des relations de pouvoir dans ma vie et chaque jour j’attaque la montagne…c’est dur mais quel bonheur, quelle légèreté, quels résultats! J’avance avec bonheur. Je suis enfin à la bonne place. Pouvoir mon beau pouvoir, tu ne m’attraperas pas…

Work in Progress.

** Catherine Gueguen  » Heureux d’apprendre à l’école »
*INRS : «Prévention des risques liés aux positions de travail statique» – fiche pratique de sécurité ED 131

 

TonBookToo, c’est quoi?

Il y a quelques mois, en préparant ma visite au salon du Livre j’ai découvert la start-up TonBookToo. J’ai immédiatement trouvé leur idée géniale : transformer chaque foyer en petite bibliothèque de quartier.

En résumé, grâce à l’appli, vous scannez vite fait bien fait les codes-barre des livres que vous avez chez vous. L’appli les reconnaît grâce à une super base de données. Elle crée ensuite votre petite bibliothèque en ligne. Puis vous pouvez aller consulter les bibliothèques des autres pour aller emprunter des livres qui vous bottent, et mettre les vôtres à disposition pour des prêts hyperlocaux.

Comme j’adore partager mes lecture et lire plein d’ouvrages différents, c’est le bonheur pour moi. Mon budget librairie devenait vraiment déraisonnable et ma place sur la liste d’attente de la bibliothèque municipale pour certains romans était complètement déprimante (mention spéciale à « L’art de perdre » d’Alice Zeniter que j’attends depuis novembre et que je lirai vraisemblablement en 2019 puisque je suis en 17e position…(souffrance, patience).

Et voilà que TobbBookToo débarque!

Je suis allée bavarder avec eux au Salon du Livre, ils sont charmants et motivés par la passion de la lecture et du partage.

Ils pensent même diffuser leurs services auprès des CE et des directions des entreprises car on n’a pas tous envie de faire du sport à la pause déjeuner. Echanger des livres c’est bien aussi. Avec tout le respect que je dois aux sportifs, nous ne sommes pas tous faits du même bois, les introvertis aussi apprécieront d’épanouir leurs centres d’intérêts au travail avec des collègues sur la même longueur d’onde.

TooBookToo propose donc un très modeste abonnement à 19 € par an, ce qui est peu au regard du prix d’un livre neuf et cela équivaut à un abonnement en médiathèque.
En résumé, allez-y! Je précise que ne suis pas payée ni intéressée, TooBookToo ignore que j’écris ce post mais je tenais à saluer et encourager un business qui me parle.

Seul bémol, parcequ’il y en a toujours un : lorsque vous scannez votre livre vous devez aussi rédiger un résumé du livre ou a minima un paragraphe qui explique pourquoi c’est chouette de le lire. Après avoir scanné une bonne cinquantaine de bouquins, j’ai donc un peu ramé pour écrire ces résumés et je vous avoue que je ne suis pas au bout

Qu’importe, l’important c’est que cela se fera et que je mets le pied à l’étrier.

Cette entreprise a eu une belle idée, nous voilà tous bibliothécaires! 

 

Relations Ecole-Parents : le bon sens en perdition ?

Je ne sais pas pour vous mais j’imagine les relations école-parents de manière assez simple : on travaille tous pour l’épanouissement et l’enrichissement de nos enfants, nos buts convergent. Avec un soupçon de respect et de bon sens, ça devrait marcher.

Ce matin pourtant, j’ai vécu une scène ubuesque qui fait écho à beaucoup d’autres vécues ces dernières années, et qui ne va pas dans le bon sens.

Comme souvent, j’étais volontaire pour accompagner une sortie de classe. Un mot laconique avait été posé dans les carnets de liaison il y a plusieurs semaines indiquant que le mercredi 9 mai, il fallait des accompagnateurs pour aller à la médiathèque. J’ai entouré le OUI, j’ai signé, fin de l’histoire.

Ce matin je me présente donc à 8h30 avec 4 autres parents tout sourire. Là, la maîtresse nous regarde éberluée et nous demande « mais pourquoi êtes-vous là? ». Bah pour la sortie de classe, tiens, réponds un digne monsieur en costard-cravate qui a dû poser sa demi-RTT pour donner du temps à la classe de son fils avant de repartir dans sa tour joyeuse à La Défense.

L’instit de nous répondre : « Mais c’était à 9h30! »

Ah bon, comment l’aurions-nous su?

Là elle nous répond qu’elle a écrit aux parents qui avaient laissé un mot dans le carnet de liaison la semaine dernière pour savoir si la sortie était maintenue en dépit de l’absentéisme dans la classe lié au Pont (la classe est décimée … et ça me fait halluciner mais c’est un autre problème). Ceux qui n’ont pas fait la démarche de l’interroger ont donc été tenus pour absents. Au petit bonheur, elle s’est donc dit « s’ils ne demandent rien c’est qu’il ne viennent pas! ». L’idée qu’on ait signé et pris un engagement clair et formel ne semblait pas la troubler plus que ça.

Là, elle nous explique que du coup on sera trop nombreux et explique en substance au monsieur en costard qu’il peut se casser. Regard navré de son fils qui se faisait manifestement une joie d’avoir son papa en sortie scolaire.

Et moi? Je suis invitée à revenir à 9h30 car je peux servir apparemment.

Je suis donc rentrée écrire ce billet un peu perplexe, légèrement agacée en me demandant comment les professeurs peuvent utiliser les parents de cette manière comme des bouche-trous et penser créer un climat de confiance et de respect mutuel.

Ceci complète de manière intéressante l’expérience vécue cet hiver, lorsque j’ai sollicité humblement un rendez-vous pour parler de mon zèbre de CE1 qui devait sauter le CE2 et que sa maîtresse m’a royalement octroyé 15 minutes (15 minutes!) un matin entre 8h15 et 8h30…Vous imaginez la qualité d’un échange de 15 minutes au petit matin, assis sur des chaises naines et le bruit de la cour de récré en fond sonore? Cela dit comme elle a été absente 1 mois sur 2 cette année, la qualité de la discussion ne pouvait qu’être limitée. Doncil s’ennuie à périr dans sa classe et régresse même en lecture et en attention aux consignes, on touche à l’absurde.

Cette émission du jour sur France Inter est d’ailleurs tombée bien à point sur la propension de certains zèbres à se dire « Moins on m’en demande, moins j’en fait…« . En gros, les instit qui attendent que le gamin ait des 20/20 partout pour lui faire sauter une classe se plantent… parce qu’un enfant qui survole et s’ennuie dramatiquement a plutôt des résultats médiocres. Et le fait de sauter une classe, trouver du challenge et de la difficulté va le stimuler enfin.

Pour revenir au sujet, je comprends que les parents sont considérés comme  des ressources utiles et absolument pas comme des partenaires, qu’ils doivent exister le moins possible en-dehors de ces moments précis où ils se montreront dociles, disponibles et dévoués.

Alors oui, sais qu’il y a partout des instituteurs fermés et/ou timides pour qui échanger avec les parents est une épreuve. Et qu’il ne peut pas y avoir que des flèches dans le monde. Je sais aussi qu’il y a des parents qui détestent l’école et ce qui s’y rattache, ou qui la craignent et ont vivre l’enfer aux professeurs par leur paranoïa ou leur agressivité.

Mais si l’on écarte ces situation pathologique (bien qu’elles soient sûrement fort nombreuses), je m’interroge sur la manière dont l’école en France est parvenue à exclure les parents du paysage, la manière dont les jeunes professeurs sont briefés par leurs collègues sur le sujet.

Sont-ils si mauvais? inutiles? néfastes? Pour qu’ils n’aient aucun accès à la salle de classe, très peu au professeur, jamais aux équipes qui encadrent les enfants à la cantine, à l’étude et au centre de loisirs?

Ce blog évoque ce sujet étonnant et résume le problème en une phrase : « Une étude, en 2015, montrait que 5% des parents sont réticents à collaborer avec l’école et que 80% d’entre eux suivent le travail scolaire de leurs enfants. »

Comment est-il possible d’être ainsi relégué au rang de serviteur (vas-y organise la kermesse et accompagne les sorties de classe) ou d’emmerdeur (me dis pas qu’elle veut qu’on parle de son fils 30 minutes dans l’année, on croit rêver).

Bref, je suis fâchée ce matin...et je rêve d’un établissement où les professeurs et les parents forment une équipe harmonieuse et équilibrée pour accompagner l’enfant à travers des enseignements réussis, en continuité entre l’école et la maison.

Ça tombe bien, mon projet de petit Collège alternatif avance bien. Et on y sera drôlement bien, vous verrez…

Un dimanche aux courses

Parmi les innombrables surprises que la vie m’a faite, la passion pour l’équitation de ma fille aînée figure en bonne place.

Ca n’a l’air de rien, une petite fille qui aime les chevaux. Ça commence insidieusement par quelques stages de poney chez les grands-parents et on se retrouve cinq ans plus tard à passer sa vie au centre équestre.

La grande Fée est ainsi, elle adore les chevaux, elle monte chaque semaine et fait des stages pendant les vacances. Parfois le midi, elle me demande de lui préparer un sandwich et au lieu d’aller à la cantine, nous allons au poney-club découvrir les lieux calmes, désertés, et dans ces coulisses nous vivons des moments que les élèves ne peuvent connaître aux horaires classiques. Le dernier en date? Nous sommes arrivés devant le manège où une douzaine de double-poneys (pour ceux qui l’ignorent, double poney est un peu plus petit et léger qu’un cheval mais bien plus grand que le mini Shetland). Ils étaient totalement libres, galopaient tous ensemble à une vitesse folle, crinières au vent, sans mors ni licol, encore moins de selle. Je n’avais jamais vu des chevaux aussi beaux, fougueux, ivres de liberté. Un moment rare qui s’est déroulé dans un silence religieux simplement troublé par le bruit mat des sabots dans la poussière du manège. C’était beau.

De mon côté je ne suis jamais montée sur un cheval. De la même manière que je ne bois ni ne fume ni ne consomme aucune drogue (call me Bonnet de nuit), je suis rétive à toute forme d’addiction et/ou de lâcher prise. Alors vous imaginez, confier ma vie à un canasson, non merci.

Il n’empêche, la passion de ma grande Fée, patiente, inébranlable, obsessionnelle a gagné du terrain. Je n’ai plus peur de m’approcher des chevaux, je l’aide même dans la mesure du possible. Elle a aussi contaminé sa petite soeur Bertigre qui voue désormais la même admiration aux équidés et a démarré les leçons hebdomadaires avec bonheur cette année (c’est dur mais elle s’accroche, si vous saviez…). Et Pilou qui a connu un triste sort il y a quelques années sur un poney distrait qui l’a envoyé à l’hôpital et lui vaudra une éternelle grosse cicatrice sur le menton refuse de remonter en selle mais joue à la perfection le garçon d’écurie. 

Nous passons donc tous nos mercredi après-midi au centre équestre, à soigner les animaux, les câliner, donner des coups de mains, distribuer des carottes et du pain, faire des balades en forêt ou trembler en voyant notre Bertigre s’essayer à la voltige. Et c’est chouette.

Je n’aurais jamais cru pouvoir dire ça un jour, mais j’apprécie énormément ces séances en plein air, voir mes enfants autonomes, libres, crasseux et ravis, loins des écrans d’Ipad et des scores de Fortnite. Et j’apprécie de voir combien ils nous enrichissent à notre insu, importent dans nos vie des sujets contre-intuitifs.

Je remercie souvent la Grande Fée pour cette ténacité, pour avoir invité sa passion dans notre vie, nous avoir permis de vivre ces moments que je n’avais jamais imaginés.

J’aime tant que nos enfants inventent notre vie de famille tout autant que nous, qu’ils se sentent libres d’être (trés) différent de leur père et moi, de faire des choix et d’avoir des centres d’intérêts auxquels je n’aurais jamais pensé. Ce doit être cela qu’on appelle l’autonomie.

Alors, pour s’amuser encore davantage, nous sommes allés la semaine dernière passer un « Dimanche au galop ».

Les hippodromes de Longchamp et Auteuil rouvrent leurs portes pour la saison estivale et organisent plein d’activités pour les enfants : balades en poney, chasse au trésor, discussions avec des licornes, manèges …C’est trés mignon et pas mal du tout même pour des enfants déjà grands et exercés comme les nôtres (11, 8 et 6 ans). En prime, évidemment on assiste à des courses (les premières de ma vie), la présentation des chevaux et des jockey, la fièvre de la courses…et celle des paris. Arrivés à la 4e course perdante, on a lâché l’affaire et joué benoitement les favoris histoire de reconstituer notre pécule initial. Ce qui fut (presque) fait, ouf.

Je n’irais pas tous les dimanches aux courses mais si vos enfants aiment les chevaux, ils ne pourront que passer un bon moment. Ce n’est pas très cher (9 € pour les adultes et gratuit pour les enfants) et très bien organisé (le parking réservé avec les billets pour Auteuil était à 50 mètres de l’entrée).

C’était drôle, c’était bucolique, c’était en plein air. N’hésitez pas si vous pouvez y aller (prévoyez juste les sandwichs, la restauration sur place est chère, industrielle et sans intérêt).

A part ça rien à voir mais j’essaie de boycotter Lactalis pour les raisons que chacun sait et c’est diablement dur de trouver du lait Bio demi-écrémé dans les supermarchés près de chez moi. C’est pareil chez vous?

Hypnose, Méditation & Visualisation : comment ça marche?

Je vous l’avait promis dans ce billet, je reviens vers vous avec un retour d’expérience sur la pratique de l’hypnose et de son cousin germain la méditation.

Je précise que je ne suis spécialiste ni de l’un ni de l’autre, je partage juste avec vous mon cheminement sur ces sujets et ma modeste expérience récente.

Tout a commencé par l’hypnose. Ma motivation était très triviale : une phobie envahissante des insectes que mon époux m’a vivement encouragé à traiter avant notre départ pour la jungle Thaïlandaise.

Pas con, me suis-je dit.

Sachant que j’avais des antécédents de voyages apocalyptiques au Sénégal, dans le désert d’Oman, sur les rives du lac de Côme (oui j’ai du bol, j’ai fait de beaux voyages ensoleillés… qui ont été partiellement ruinés par ma peur des scorpions, araignées, guêpes, cafards,  scarabées et trucs volants non identifiés).

Donc j’ai cherché sur Google les coordonnées d’une hypnothérapeute. Pas malin me direz-vous mais j’assumais moyen de lancer à la cantonade « J’ai la trouille des insectes et je veux me faire hypnotiser » pour qu’on me recommande une adresse. Il me semblait bien que personne autour de moi n’avait suivi d’hypnothérapie, ou alors des gens pas assez proches pour que j’ose leur raconter ma life (…explique la fille qui dévoile sa vie sur un blog, on n’est pas à une contradiction près, hein…).

J’ai donc trouvé une thérapeute pas loin de chez moi, avec un site web et un CV assez rassurants et des promesses raisonnables, spécialisée dans le traitement des phobies.

Je suis allée la voir 6 fois. La consultation coûtait 100 €, non remboursés of course. Je me suis donc coupé un bras pour faire cette thérapie et le trou sur mon compte en banque me le rappelle douloureusement chaque jour. Pourtant je ne le regrette pas. Je pense que ce que j’ai appris aurait pu tenir en 3 séances mais il fallait bien commencer quelque part.

Une séance dure environ 1h30. Lors de ma première visite, la thérapeute m’a posé des questions générales sur ma vie, ma famille, ma perception des choses et le motif de ma venue. On a essayé de cibler les événements pour comprendre de quand datait cette phobie (l’enfance), ce qui la caractérisait (par exemple je n’ai pas peur des mouches, des fourmis, des moustiques ni des autres bestioles jugées repoussantes comme les serpents, les lézards ou les souris) et son intensité.

J’ai alors eu le bonheur d’apprendre que j’étais modérément phobique, la thérapeute m’expliquant que certaines personnes peuvent sauter par la fenêtre en voyant une araignée, ce qui n’est pas mon cas, youpi.

Je précise que l’ambiance du cabinet est assez feutrée, douce, qu’une odeur d’encens plane et que les fauteuils sont confortables mais que je n’avais pas l’impression d’être dans l’antre d’un gourou ni dans l’antichambre d’un Ashram. Ça a l’air bête dit comme ça, mais c’est comme en cuisine : le visuel et la perception en approche comptent beaucoup, avant même de goûter la saveur du plat.

Ensuite, installée confortablement, la thérapeute me demande de fermer les yeux et de me concentrer sur sa voix qui me guide dans différentes actions simple et bienveillantes. Ressentir chaque partie de son corps, d’abord. C’est un classique mais le faire dans un cadre agréable en ayant envie de résoudre un problème fait toute la différence. Outre l’effet relaxant, se laisser guider par les demandes du thérapeute permet de mettre son cerveau au repos, j’ai trouvé cela facile.

Peu à peu on s’enfonce dans un état de calme et d’insensibilité physique assez agréable. on déconnecte. Pour autant j’ai toujours su où j’étais, qui me parlait et pourquoi j’étais là.

Oubliez les spectacles à la télévision, je n’ai jamais perdu la connexion avec moi-même ni mon libre arbitre. C’est un voyage guidé dont on peut sortir sans problème. Cela ressemble un peu à l’état dans lequel on est quand on lit un bon roman : votre esprit est ailleurs, pleinement dans l’histoire, le temps, le corps et l’espace n’existent plus mais si vous en avez besoin, vous pouvez réintégrer votre présence au monde en un claquement de doigt.

Ce voyage intérieur guidé consiste à se détacher des émotions brûlantes, inspecter et étudier chaque partie de son corps et à reprogrammer ce qui va de travers.

La déprogrammation phobique a commencé aux séance suivantes.

La première consistait essentiellement à me faire atteindre cet état modifié de conscience qui permet de travailler efficacement ensuite. C’est cet état que j’atteins aussi désormais facilement dans le cadre de ma méditation quotidienne et qui me permet de dire que ma pratique s’apparente davantage à de l’auto-hypnose qu’à de la méditation-relaxation.

La déprogrammation? C’est assez simple : elle consiste à dire à son corps d’éteindre ce qui doit être éteint et d’allumer les forces qui lui manquent. C’est un peu comme avec un logiciel dont on veut supprimer des parties obsolètes et en pluguer de nouvelles. Cela passe par des images mentales (on imagine que les cellules de notre corps s’allument et que d’autres s’éteignent). C’est très agréable, cela génère une espèce de sensations de nettoyage intérieur, de plénitude. Ensuite on peut aller plus loin selon les besoins et les séances et imaginer par exemple un lac de lave dans lequel on jette sans retour tout ce qui nous tracasse, ou une présence réconfortante qui nous enveloppe.

Ce nettoyage peut prendre 30 minutes si on le fait en totalité, c’est-à-dire 5 étapes : 

  • scan corporel (je salue et je détends chaque partie de mon corps)
  • nettoyage des 7 partie du corps grâce au au lac de lave (attention ne prenez pas peur, certains parlent ici de Chakras mais l’idée est surtout d’accorder de l’attention à chaque composante de votre être). Schématiquement : la tête, la gorge, le coeur, plexus, le nombril, le pubis et l’intuition.
  • déprogrammation de toutes les cellules du corps (on allume et on éteint les bonnes lumières)
  • appel à une entité bienveillante qui nous enveloppe, nous réconforte et emporte nos peurs et nos chagrins
  • mise en place d’une « bulle » de protection et d’une force calme qui nous accompagnera après la séance

La clé de tout ce processus, c’est de formuler une demande claire. Ici, je pratiquais cet exercice en ayant clairement en tête d’arrêter d’avoir peur. Tout mon nettoyage, ma déprogrammation était tendue vers cet objectif.

Est-ce que cela fonctionne? Et bien j’ai passé les 10 plus beaux jours de ma vie en Thaïlande. Je n’ai tout simplement pas VU d’insecte (alors qu’il y en avait forcément, mais il n’attiraient plus mon regard et je ne les cherchais pas comme avant). Et ceux que j’ai remarqués (notamment des gros scarabées volants) m’ont semblé neutres. Je n’avais pas envie de partir en courant. Je dirai donc que c’est réussi!

*** Alors, comment ça marche tout ça? ***

Depuis, je me suis intéressée aux mécanismes de notre cerveau et à ces nouveaux outils que j’ai découvert pour améliorer ma qualité de vie : l’auto-hypnose/méditation et la visualisation

Si vous avez la fibre ésotérique, vous pouvez creuser le sujet, il y a une grande littérature sur les chakras, la physique quantique et le magnétisme. Je ne suis pas certaine d’adhérer mais je suis convaincue de certaines choses que les neurosciences ont confirmé, notamment cette grande vérité : notre cerveau est paresseux!

Le cerveau aime habitudes et fait donc plein de raccourcis pratiques pour lui.

Exemple : un enfant qui se dit « c’est cool d’avoir peur des guêpes/araignées, mon papa s’occupe de moi quand j’ai peur » pourra grandir avec une phobie installée alors que papa n’est plus là depuis longtemps pour le border. Le cerveau a juste intégré qu’avoir peur crée des bénéfices relationnels. Même si l’adulte a depuis longtemps oublié en quoi c’était cool de flipper pour un rien, le cerveau a créé ses petites habitudes et reproduit indéfiniment le circuit qui lui paraît confortable. Et c’est super si le gentil mari prend le relai du gentil papa, puisque ça conforte le cerveau dans l’idée qu’il a bien fait d’appuyer sur le champignon. Vous voyez l’histoire?

D’une manière générale, tous les schémas que vous installez dans l’enfance et l’adolescence deviennent des chemins super pratiques et connus que votre cerveau va sans cesse vous encourager à prendre. Du coup, il va toujours mettre la lumière sur ce qui confirme vos habitudes mentales. Et c’est comme ça qu’on en arrive à assener et auto-générer de grandes croyances sur soi-même comme « je suis nulle en maths », « je n’aime pas le sport », « je suis colérique », « les enfants doivent faire ceci ou cela » ou « je suis une couche-tard » , « je dois être parfaite » etc.

En fait, votre cerveau vous caresse dans le sens du poil, et un peu comme Facebook : l’algorithme ne prêche que dans votre sens et vous ne voyez plus QUE les choses qui confirment vos croyances.

Alors on fait comment pour redécouvrir une vie plus neutre, plus ouverte, avec moins de jugements sur soi et sur les autres?  Et bien il faut vous REPROGRAMMER.

C’est-à-dire expliquer de manière répétée à votre cerveau que c’est bon là, il peut arrêter d’avoir peur parceque le danger a disparu depuis longtemps, ou que vous pouvez arrêter de jouer les victimes parceque la vie est beaucoup plus sympa quand on la dirige que quand on fait peser sur les autres le poids de ses propres errements. C’est ce que Clotilde Dussoulier appelle « Le confort dans l’inconfort » : parfois, il faut lutter contre votre cerveau et ses petites lumières qui clignotent pour l’habituer à une nouvelle approche qui est beaucoup plus satisfaisante pour vous…

Elle explique bien cela ici et .

En gros on en retient donc que :

  • les circonstances sont neutres : c’est VOUS qui choisissez de devenir dingue pour elles.
  • vous pouvez agir : vous n’êtes ni victime ni coincé, vous pouvez donner des impulsions pour améliorer les choses (Clotilde Dussoulier appelle ça « Les Lois de l’attraction », d’autres comme Joe Di Spenza vont carrément jusqu’à la physique quantique et la possibilité de « bouger » l’univers » ). Dans tous les cas c’est un fait prouvé : vous pouvez encourager votre cerveau à réfléchir différemment, et à faire de vous (au choix!) une personne moins fébrile, moins rancunière, plus créative, moins jugeante, plus bienveillante…enfin, celle que vous avez envie d’être.

 

Et concrètement au quotidien, comment ça se passe chez moi?

Tous les jours après le déjeuner, je programme 20 min. de musique planante dans mon téléphone (comme ça quand c’est fini je sais qu’il est temps d’émerger) et je choisis chaque jour une intention pour ma méditation. Par exemple : ne pas avoir peur de reprendre le travail (gloups), ne pas jouer les Bree Van der Kamp ce week-end quand je recevrai 15 personnes à la maison, juguler la colère qui monte sur des sujets triviaux, etc.

Je visualise clairement l’atteinte de cet objectif, je « nettoie » mes cellules de tous les parasites et croyances qui m’empêche de l’atteindre…et me voilà zen. Et c’est comme ça tous les jours 🙂

Ça a l’air bête dit comme ça mais…ma vie a changé depuis que je me suis mise aux commandes de cette manière. J’ai compris que ce n’est pas aux autres de faire mon bonheur.

J’agis, j’ose me demander les choses clairement, me donner les moyens pour y arriver et surtout je « neutralise » ce qui me pèse artificiellement (rancoeurs, récriminations, nombril : c’est terminé). Et ça fait un bien fou.

 

Vitalité / dévitalisation

Il y a quelques jours, je bavardais avec une amie qui m’expliquais combien il était important de travailler dans un environnement qui nous revitalise…et combien de nombreuses personnes se font au contraire dévitaliser par leur travail.

Je n’avais jamais pensé au travail sous cette angle. J’ai trouvé cette approche intéressante car je n’avais JAMAIS envisagé que l’univers professionnel puisse me revitaliser #maso

Pour moi, le travail est ce gouffre infini dans lequel je jette de l’énergie depuis 15 ans, et cela me semblait parfaitement normal. Je n’ai jamais imaginé qu’un retour à l’envoyeur puisse se faire. En résumé deux questions sont apparues :

  • pourquoi ais-je travaillé 15 ans persuadée que c’était à moi d’apporter l’énergie aux projets et aux hommes, en clair à la grande cause (=le business)
  • ensuite, pourquoi ais-je considéré que je ne pouvais puiser ma vitalité que dans la solitude, la lecture et les doux moments en famille et que je n’avais rien à attendre du travail de ce côté-là ?

Schématiquement, dans ma tête, la vie était un grand vase communicant : d’un côté, l’un que je remplissais d’amour, de force, de sourires, de tendresse, de calme, de sérénité, de rêveries et moments en famille…de l’autre un vase (a)vide qui pompait l’énergie du premier au service des clients, des collègues, des prestataires, des pairs, des missions, des apparences sauvées et de la satisfaction des objectifs.

Et quand le second vase était vide? Je courais me réfugier dans ma grotte familiale lécher mes plaies. Une fois les batteries pleines, je revenais consciencieusement les épuiser au travail. Et cætera.

Rien ne me paraissait plus normal.

Or, en réfléchissant sur le principe vitalité/dévitalisation je me suis demandé s’il était sain qu’une vie personnelle se retrouve au service de la vie professionnelle…et s’il était vraiment juste que l’une ne fasse que prendre tandis que l’autre ne faisait que donner. Avec un super bonus en prime : que se passe-t’il quand le premier vase (celui de la famille) ne parvient plus à se remplir pour une raison X ou Y ?

Attention poiler : c’est le crash système.

Et ce dérèglement fatal, c’est ce qui m’est arrivé l’année dernière.

Ma vie perso était peu revitalisante, entre des enfants-zèbres en crise, un mari start-upper monotâche, le corps qui s’épuise et des heures de transports en Ile-de-France… Du coup, mon « réservoir à énergie » pour le travail – qui n’était ni pire ni meilleur qu’avant- n’était plus disponible. J‘ai collapsé.

Je retire 3 enseignements de cette prise de conscience (youyou j’ai découvert l’eau chaude!…)  :

1- Les proches sont la priorité n°1 : vous ne pouvez pas offrir le meilleur de vous-même à votre vie professionnelle et laisser vos proches récupérer des miettes, vous remettre sur pied puis repartir au charbon. Cela fragilise la vie perso et le jour où elle est à bout de souffle, tout s’écroule.

2- Chaque vase doit avoir sa production autonome d’énergie : une vie professionnelle qui ne fait que vous prendre du jus n’est pas une vie professionnelle viable. Elle doit AUSSI vous apporter du carburant. Il y a mille manières d’y parvenir. D’abord la passion : si vous adorez ce que vous faites, c’est du bon kérosène. Et il y a plein d’autres carburants, c’est très bien expliqué dans cet article. Se sentir respecté, reconnu, épaulé. Faire des formations qui vous intéressent et vous correspondent (pas le 4e stage au WallStreet Institute alors que vous rencontrez 2 anglophones par décennie). Etre entouré de gens qui vous stimulent, que vous jugez valeureux (c’est une petite mort que la fréquentation obligatoire et répétée de personnes qui vous tirent humainement et/ou intellectuellement vers le bas).

NB : le schéma marche aussi à l’envers. Il y a des gens dont la vie personnelle les épuise et leur demande beaucoup d’efforts, et ils se ressourcent dans un travail qui les nourrit énormément. Leurs vases sont juste inversés, le danger reste le même : un souci, une déception au travail et vous fragilisez tout le système.

3-Ecoutez votre intuition : les podcast de Clotilde Dussoulier sont éclairants à ce sujet, tout comme le best-seller de Joe Di Spenza (qui vaut beaucoup mieux que son titre nase) « Rompre avec soi-même ».  Votre intuition est une version rapide et améliorée de votre intelligence. Quand elle vous dit de ne pas aller quelque part, prêtez-y attention. Vous ressentez l’injustice, vous ressentez les conflits de valeur, vous ressentez l’absurdité de vos arbitrages…

Ça ne veut pas dire de tout jeter par la fenêtre. Vous pouvez trouvez des solutions progressives, mesurées, concertées. Mais un problème qui n’est pas identifié et reconnu ne peut pas être traité.

La bonne question à se poser est donc : qu’est-ce qui me procure de l’énergie et où sont mes énergivores?